Sud-Gironde et Langon : article SUD-OUEST du 10 Octobre 2019

Le Parc naturel régional  lui aussi contre l’épandage

SAINT-SELVE Le Parc des Landes de Gascogne s’oppose au projet d’épandage de Suez Organique, en particulier dans les zones forestières. Il met en avant le risque de pollution :

Après les maires mis en alerte par le projet d’épandage du groupe Suez, c’est au tour du Parc naturel régional des Landes de Gascogne (PNR) de rédiger une longue motion contre ce projet qui fait polémique depuis plusieurs mois.
De quoi s’agit-il ? Une usine de Suez Organique basée à Saint-Selve veut épandre des digestats sur le sol de parcelles réparties dans 25 communes de Gironde. Ces digestats sont issus d’un méthaniseur en construction qui produira du biogaz. Ce sont ces résidus de la méthanisation qui doivent être déposés sur 4 600 hectares, dans le Sud Gironde, le sud bassin d’Arcachon et en Médoc, des terres agricoles (700 hectares) ou forestières (3 600 hectares). Telle est en tous les cas la demande de Suez dans un dossier déposé en préfecture en mars.

De la matière organique Le problème est que ces digestats ne sont pas très engageants. À la lecture des documents officiels, les maires concernés ont appris qu’ils sont produits à partir de matière organique composée de boues de
station d’épuration d’industries agroalimentaires, de boues papetières ou viticoles, de stations d’épurations urbaines, d’effluents de fosses septiques, de graisses d’industries agroalimentaires, etc. Leur impact sur le sol est l’accumulation possible d’éléments métalliques, le transfert vers les eaux souterraines de certains éléments chimiques (azotes et métal), ou encore le ruissellement des matières en dehors des parcelles, sans oublier
les odeurs.

On comprend dès lors que le Parc naturel des Landes de Gascogne se soit fendu d’une motion pour empêcher le déversement de ces digestats sur son territoire. Le Parc naturel, refuse clairement « l’épandage de digestats
sans engagements de l’origine, de la composition des produits intrants et des process de réduction des risques sanitaires ». « Il en va du suivi et de la garantie de non pollution à moyen et long terme des eaux et des sols de son territoire en lien étroit avec le bassin d’Arcachon », peut-on lire dans la motion datée du 23 septembre. Il refuse particulièrement « le plan d’épandage de digestats sur les parties forestières ».

« On n’a pas de nouvelle » Enfin, cette motion précise que le Parc ne remet pas en cause « le principe de la méthanisation et le principe de gestion par épandage des résidus organiques et minéraux », mais il exige « la recherche
des solutions adaptées à la taille, la nature et la sensibilité de son territoire».

En Sud Gironde, quatorze communes sont concernées (1) par le plan d’épandage sur des parcelles agricoles. « On n’a pas de nouvelle. Il n’y a pas d’enquête publique qui s’annonce pour le moment », confie Bruno Clément, le maire de Saucats. Depuis le printemps dernier, les élus attendent des nouvelles de l’État. Le dossier devait être complété avant de le mettre à l’enquête publique. Mais à la lumière des éléments dont ils disposent, ils réclament
qu’une étude d’impact environnementale soit menée avant toute chose. Pour l’instant, ils patientent, soutenus désormais pas une motion du Parc naturel régional.

(1) Barie, Bassanne, Blaignac, Brannens, Castets-et-Castillon, Floudès, Fontet, Hure, Loupiac-de-la-Réole, Noaillac, Noaillan, Pondaurat, Puybarban et Savignac.

Bruno Béziat et Jérôme Jamet langon@sudouest.fr