• 8 MILLIARDS D'AIDE POUR UNE ENERGIE QUI NE SEMBLE PAS AUJOURD'HUI TOUT A FAIT "VERTE" : Fin septembre à Lamballe (Côte d'Armor) un des plus gros méthaniseurs d'Europe va entrer en service. Coût de l'installation : 17 milliards d'euros. C'est la Cooperl, coopérative de 2700 éleveurs de cochons qui apportera 156000 tonnes annuelles de déjections porcines mélangées aux eaux résiduelles d'abattoirs pour son fonctionnement. Cette production d'énergie pourra alimenter 3000 logements en biogaz. Transition écologique promu par le gouvernement car avec ses élevages industriels (vaches, cochons, volailles), l'hexagone dispose d'un gisement faramineux de 180 millions de tonnes de déjections par an couvrant par la méthanisation 3 à 5 % des besoins énergétiques du pays. Prévision d'ici 2030 : 8 % du gaz consommé en France pourra être produit à la ferme contre 0,1 % aujourd'hui. Cela pourrait aller dans le bon sens, si ce n'est ...
  • ALERTE DES SCIENTIFIQUES L'AN DERNIER : la fabrication du biogaz laisse beaucoup de déchets. Or ces résidus utilisés comme engrais sont quasiment dépourvus de carbone organique, contrairement au bon vieux fumier ou lisier, essentiel pour la pousse des plantes. Fait aggravant, selon les chercheurs, ces déchets sont parfois farcis de métaux lourds et de bactéries pathogènes issus des déjections.... En Allemagne, pays le plus "méthanisé" du monde, d'autres savants se sont émus dès 2012.... Ne manquait plus que le problème du réchauffement climatique : les déchets répandus sur les terres agricoles regorgent d'ammoniaque qui au contact de l'air génère du protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre, 300 fois plus mauvais pour la planète que le CO2... Ajouter à cela ce même dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère par les méthaniseurs qui doivent, avant d'injecter le biogaz dans le réseau, le purifier du CO2, sans oublier les fuites de méthane (jusqu'à 4 %) s'échappant de la tuyauterie des méthaniseurs....
  • MULTIPLICATION DES ACCIDENTS SUR LES METHANISEURS : + 82 % par rapport aux 5 dernières années... (document daté de mai 2018 du ministère de la transition écologique de l'époque). Les auteurs du rapport recommandaient de porter une attention soutenue aux installations agricoles souvent exploitées avec moins de moyens et une culture de sécurité moins développée que les méthaniseurs industriels. Un mois après cette alerte, un décret assouplissait les procédures d'autorisation pour tous les méthaniseurs fonctionnant avec moins de 100 tonnes de déjections par jour !!!
  • INCITATION DE L'ETAT SANS APPLICATION DU PRINCIPE DE PRECAUTION INDISPENSABLE : Coût moyen d'un méthaniseur : 2 millions d'euros, subventionné à 20 % par l'ADEME et les collectivités locales. A cela prêts sans garantie, exonérations fiscales et aide au rachat du biogaz évalué par l'Etat à un surcoût de 7,9 milliards d'euros pour les dix prochaines années...  Le réveil sera peut être difficile, si nous n'imposons pas les actions nécessaires à mettre en place pour une production de biogaz digne de ce nom.
Voir article du "CANARD ENCHAINE" du 4 Septembre 2019 : Pour promouvoir le biogaz le gouvernement ne manque pas d'air.